Les lieux

Avant de te détailler certains des lieux que tu vas rencontrer, je veux souligner ce qu’ils ont en commun : le ciel. Tu pédaleras sous l’un des cieux les plus purs de toute l’Espagne. L’absence de population et la réduction du nombre de lignes aériennes qui survolent ce territoire font que la pollution lumineuse est infime et que tu profiteras d’un ciel nocturne spectaculaire (aquí ici tu peux jeter un œil sur une carte de pollution lumineuse et aquí  ici te faire une idée du trafic aérien) .

Ainsi, si tu en as l’opportunité, passe quelques nuits à la belle étoile, tu ne le regretteras pas.

Ma terre n’a pas de mer mais quand le soleil se couche les jours clairs de Castille, je vois un océan profond jalonné d’étoiles, traversé par une lune voyageuse et une cohorte de planètes errantes et d’étoiles filantes.
(El cielo de mi tierra es negro. Javier Bussons)

Maintenant, allons-y…

SIERRA DE ALBARRACÍN

Albarracin

Nous partirons de la coquette ville de Teruel, n’oublie pas de te perdre dans son centre historique et de boire quelque chose sur la “Plaza del Torico”.

Après une trentaine de kilomètres, nous arrivons à l’étang de Bezas  et  au rocher de la Cruz (“Peña de la Cruz”), deux lieux parfaits pour respirer et se faire une idée du paysage que nous aurons tout au long de cette première partie.

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Albarracín est un très joli petit village. Pour profiter de ses meilleures perspectives, nous suivrons pendant 1 km le chemin du Cid (“el camino del Cid”). Il se peut qu’il faille marcher sur un petit tronçon, mais ça en vaut la peine, je vous l’assure.

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Nous mettons le cap jusqu’à la source du Tajo.


EL TAJO

Tajo

El Nacimiento del Tajo / La Source du Tajo. Le départ est modeste pour un fleuve qui traverse toute la péninsule ibérique sur plus de 1000km. Malgré tout, c’est un lieu chargé de symbolique.

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Un raccourci par le col du Cubillo nous permettra à ce stade de rejoindre le milieu de l’étape de la région montagneuse de Cuenca (“Serranía de Cuenca”).

En revenant au fleuve Tajo durant les 100 prochains km, nous ne nous en éloignerons pas beaucoup.

Même si le départ du fleuve se situe dans la province de Teruel, tout le reste de cette portion se situe sur le sol de Guadalajara.

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Sur le pont de San Pedro on dit au revoir à ce fleuve, pourquoi pas en prenant un bain dans ses eaux gelées…

À cet endroit, nous déciderons si nous retournons à Teruel par le raccourci des châteaux (Molina de Aragón, Zafra et Peracense) sur une route plus accessible ou si nous poursuivons nos efforts en ajoutant quelques mètres de dénivelé jusqu’à “la Serranía de Cuenca”.

Château de Zafra et Peracense, parfois prendre un raccourci peut amener quelques surprises…


SERRANÍA DE CUENCA

Watercolor Cuenca

Après les premiers kms dans la province de Guadalajara, un peu avant Valsalobre, nous entrerons dans la province de Cuenca, tête la première dans la Serranía. Nous découvrirons l’étang du Tobar (“Laguna del Tobar”) et pédalerons à travers des pinèdes infinies.

Nous gérerons bien nos réserves, en effet, de Beteta jusqu’à Beamud ou Valdemoro-Sierra, 75 km après, nous ne trouverons pas un endroit pour remplir la gourde. Ces petits trucs de la Laponie espagnole.

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SIERRA DE JAVALAMBRE

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Avant Alobras, nous entrerons à nouveau dans la province de Teruel. Juste à cet endroit un autre raccourci nous amènera à nouveau à la ville de Teruel en passant par Jabaloyas et le col de Tabernillas mais maintenant que nous ys sommes, continuons jusqu’à la montagne de Javalambre.

Cette portion mettra également nos réserves à l’épreuve avec presque 70 km à travers le massif de Javalambre sans aucun endroit pour se ravitailler. Nous pourrons seulement trouver de la nourriture si nous réservons une place au refuge gardé “Rabadá y Navarro” en déviant de 5 km en passant par les pistes de ski. Dans tous les cas, à la fin de la descente jusqu’à La Puebla de Valverde, on s’illuminera à la vue d’une station service avec un petit supermarché dont nous profiterons pour refaire nos réserves dans la perspective du dernier secteur.

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SIERRA DE GÚDAR

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La puebla de Valverde, Mora de Rubielos, Linares de Mora, Alcalá de la Selva… Il semblerait que dans cette étape nous soyons toujours proche de lieux pour calmer notre appétit et que nous ayons laissé derrière nous les zones les plus dépeuplées. Mais ne nous laissons pas distraire car il nous reste encore 3000 mètres de dénivelé à affronter.

Sur cette portion nous atteindrons la plus haute altitude du parcours, le “Pico Peñarroya”, à 2028 mètres, à côté des pistes de ski de Valdelinares.

Depuis cet endroit, nous descendrons à Alcalá de la Selva, nous reprendrons des forces et petit à petit nous nous dirigerons vers la Sierra de Camarena, ultime obstacle de la route, depuis lequel nous descendrons pour finir à Teruel.

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Fais le chemin que tu fais. Qu’il soit complet ou qu’il soit simplement une sortie de fin de semaine, j’espère qu’il sera utile pour te faire une petite idée de la situation de ce territoire qui se meurt, qui cherche désespérément une solution, un avenir, un traitement urgent qui l’empêche de tomber dans l’oubli d’ici quelques années.

Mais j’espère aussi que tu profiteras de ces paysages et d’un parcours qui s’adapte parfaitement à cette philosophie de voyage et qu’un écureuil pourra peut être le parfaire sans tomber d’un arbre*.

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*Selon une légende espagnole classique, un écureuil pouvait traverser le pays dans les temps anciens en sautant d’arbre en arbre.